Vers une Démocratie directe.

On parle de plus en plus de « démocratie participative ».

Depuis quelques années, les édiles, les politiciens professionnels, les appareils partisans concèdent aux Citoyens le droit de participer ! Un geste charitable, en quelque sorte.
Ça permet de glaner des idées. « Il faut dire qu’occupés comme nous sommes à te dresser un décor agréable qui te fasse oublier qu’on te tond, nous n’avons pas le temps de penser par nous-mêmes« .
Et puis, surtout, ça caresse les chiens dans le sens du poil. Ça les flatte. Ça les calme.
De plus, ça ne coûte rien car on pourra toujours justifier que toute cette manne de propositions était généreuse mais irréalisable : pas d’argent, d’autres priorités, … Faut être pragmatique!
Et ça, le pragmatisme, il faut le laisser aux politiciens, aux experts, aux gens qui ont les compétences à force d’exercer le pouvoir. « Tu comprends, bon peuple, nous, nous consacrons notre vie à travailler pour l’Intérêt Général, donc, on sait ce qui est bon pour toi. Nous choisirons donc dans tout le déballage de tes aspirations deux ou trois petites choses que tu souhaites – pour te prouver combien attentivement nous t’avons écouté – et puis, pour le reste, fait nous confiance, … on sait« .

La belle idée de « démocratie participative » – pléonasme, s’il en est – est devenue la tarte à la crème pré-électorale.
Pour démontrer combien ils sont proches du peuple et attentif à ses désirs, les politiciens se penchent vers nous et tendent l’oreille. Un peu comme ces vieux curés qui écoutent votre confession avec un sourire benoit « Tssss! Tssss! Tssss! Est-ce bien raisonnable?« . Une onction, de la vaseline pour que le bulletin de vote glisse mieux dans la fente de l’urne.

Oui, Citoyen, on te fait la charité de t’écouter une fois tous les six ans !
Si tu es bien sage, bien participatif, qu’on juge que tu le fais dans un bon esprit, que tu collabores avec enthousiasme, on t’invitera à t’assoir dans un conseil de quartier avec les autres Citoyens sages. Tu auras alors l’honneur de découvrir en exclusivité les projets que l’on concocte pour ton bien. Tu pourras nous dire combien tu les trouves profitables pour toi. Tu auras même le droit de suggérer quelques aménagements, quelques retouches, quelques ajouts… s’il ne coûtent pas trop cher et ne changent pas fondamentalement le projet. Faut pas pousser non plus ! Nous les experts ont y a suffisamment bossé avant ! « On peut changer la couleur de la moquette si tu veux » (sourire).

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Voila ce qu’est devenue la Démocratie participative ! Un placebo. Un rideau de fumée bleue devant la main mise des édiles. Un voile dont ils se parent pour nous faire la danse du ventre. Un os à ronger pour calmer notre faim d’être pleinement Citoyens et nos crocs qui ont envie de mordre.

Et bien, il y en a marre !
Nous, les chiens, nous allons mordre directement dans le gigot, dans la barbaque, dans le gras.
Nous, les chiens, on veut décider nous-mêmes.
Les experts, les compétents, on les paiera pour qu’ils expertisent et qu’ils compètent mais la décision c’est nous qui voulons la prendre.

Première phase : Virer ceux qui se croient de conscience divine de leur piédestal. Et hop ! Tous au même niveau, au ras des pâquerettes, les pieds sur terre comme les autres. Et que ça saute !
Deuxième étape : Se mettre tous au travail, phosphorer, suer du cerveau, accoucher nos besoins réel. Ah ben oui, hein! Vous ne croyez quand même pas que ça va se faire tout seul !
Troisième étape : Décider en commun. Ça, c’est pas facile. Décider, c’est choisir. Et choisir, c’est forcement abandonner certaines solutions pour garder celle qui est la plus juste pour tous. Ça ramone nos petits intérêts individuels mais, au final, comme tout le monde est décapé à égalité, le résultat nous est aussi profitable.

Bref !
Le premier qui me tend sa sébile participative, je lui mords le mollet au sang.
Le premier qui me dit « Viens, on va bosser ensemble« … on va bosser ensemble.

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Que nous apprend l’affaire Cahuzac ?

cahuzac
Que nous apprend l’affaire Cahuzac ?
Rien que nous ne sachions déjà.
Du moins si nous nous contentons de demeurer à la surface des faits.

Les carrières politiciennes et l’argent entretiennent des relations privilégiées ?
Quel scoop !
Certes, le scandale Cahuzac nous offre un cas d’école et, dans une situation de misère et de désespérance comme celle que beaucoup d’entre nous vivent, la bile a toutes les raisons de nous monter à la gorge.

Et puis quoi ?
La justice va suivre son cours. Le gouvernement va trembler sur ses fondations. Les partis extrémistes vont faire 5% de plus aux prochaines élections. La Droite va pouvoir fustiger la Gauche. La Gauche répliquera en ressortant de vieux cadavres des placards de la République.
Et nous, pendant ce temps ? … Nous pourrons continuer de désespérer et de nous lamenter en regrettant d’être les victimes d’un système qui nous dépasse.
Lors des prochaines élections et à chacune des suivantes, nous continuerons cependant à le renforcer en créditant de notre voix un petit baron local (… ou une petite baronne) produit pur jus d’un des appareils partisans qui n’a d’autre but que de s’accaparer le pouvoir pour fournir des carrières à ses membres.
Le petit baron deviendra député, puis sénateur, puis ministre, puis … Cahuzac.
Et nous pourrons à nouveau nous indigner devant nos écrans d’ordinateur ou de télévision.

Car, à mes yeux, voila où le bât blesse ; Nous sommes nous-mêmes les artisans de notre asservissement.

Tentons-nous d’explorer d’autres voies ?
Nous plongeons-nous dans les lois régissant la Démocratie locale pour en exiger l’application ?
Exerçons-nous un contrôle attentif et raisonné sur la façon dont nos représentants exercent le mandat que nous leur confions ?
Votons-nous en conscience et en responsabilité ?
Nous engageons-nous nous-mêmes en humilité sur la voie du service de notre Communauté ?

Quoi, après l’indignation ?

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Bonne blague :)

1er avril 2013

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Mort de rire !

Ce matin, il fait gris.
Au réveil, mon humeur se plie donc à la couleur du ciel. Bof !

J’allume mon ordinateur, je réponds à quelques mails et je vais trainer sur Facebook.
Et là, je tombe sur une publication d’un militant socialiste, fidèle et très actif soutien de Corinne Leleveux-Teixeira, qui fait partie de mes contacts.
Une ligne de commentaire présentant un article paru le 16 mars dans la République du Centre.
Je le parcours. Consternation !
Et puis, petit à petit, mon esprit se débarrasse des brumes du sommeil et soudain …. j’éclate de rire.
Un bon rire large, franc et salvateur.

J’ai pigé !
En fait tout cela est une farce, une galéjade, une bouffonnerie, un canular.
De mèche avec la presse, le parti socialiste nous fait un poison d’avril un peu précoce.
Comment n’ai-je pas compris cela plus tôt ?
Comment ai-je pu m’indigner d’une approche de la politique aussi peu mature et aussi peu respectueuse tout à la fois des Citoyens et des institutions ?

Je suis tombé tête la première dans le piège : C’est une blague !
Alors, là, les socialistes, chapeau ! Vous m’avez eu en beauté.

Attendez ! Restez devant votre ordinateur que je vous la raconte à mon tour. Vous allez voir, c’est tordant.

Le commentaire introductif du militant dit :
« La campagne va enfin pouvoir commencer ! »
Et juste en dessous est reproduit cet article :
Article

Allez! Riez, quoi !
Ne vous laissez pas prendre au jeu !
Je vois bien dans vos yeux que vous ne réalisez pas encore que c’est une blague.
Vous vous dites : « Prétendre qu’une campagne ayant pour enjeu le bonheur d’une Cité débute lorsque l’un des candidats en désigne un autre comme son adversaire personnel, c’est scandaleux !« .
Mais non ! C’est juste drôle.

Pas convaincu ?
Vous pensez « Comment peuvent-ils à ce point manquer de respect à la conscience responsable des Citoyens et à la Démocratie locale ? »
Prenez de la hauteur, que diable ! Si vous restez au premier degré, je comprends que vous ayez envie de vous indigner.
Je vous dis que c’est une blague !
Vous voulez des preuves ? Lisez l’article !

Première preuve :

Candidate seule
Vous pensez vraiment qu’un journal honorable pourrait écrire en chapeau qu’une personne seule peut être « candidate des socialistes orléanais aux municipales 2014 » ?
Warf ! Tout le monde sait que les élections municipales sont des scrutins de liste ! Un quotidien d’une telle réputation ne peut que le savoir aussi. Seul un torchon populiste pourrait faire preuve d’une telle ignorance crade.

Deuxième preuve :

Chef Alors, là, c’est très très drôle. Attendez, je vous explique.
Trois mois pour désigner un chef + des peaux de bananes aux autres candidats-chefs + des articles de presse qui vous assènent l’image d’une « tête de liste » qu’on vend comme un paquet de lessive … et, une déclaration de LA candidate qui dit que les électeurs attendent tout sauf un chef.
Vous voyez bien que c’est un canular !
Aucune personne sérieuse ne pourrait dire une chose et faire tout l’inverse !

Troisième preuve :

Valeurs « On n’a pas les mêmes valeurs. Il a les siennes et j’ai les miennes … mais on a les mêmes valeurs ! Elles sont différentes mais elles sont identiques »
Vous comprenez, là ?!! Non ?
Mais si, voyons ! Si les militants ont choisi ce chef-là c’est qu’il a des valeurs différentes des autres postulants mais, qu’en fait, il a les mêmes.
Ne cherchez pas : je vous dis que c’est une galéjade !

Quatrième preuve :

Perdants Là, c’est encore plus subtil !
« Je n’ai aucune volonté de toute-puissance. Il faut miser sur le collectif. Mais, youpi ! J’ai gagné et les autres sont perdants. Faut juste leur laisser le temps de digérer leur défaite … Ensuite, je serai la Chef … mais pas toute puissante, hein, juste celle qui a gagné et qui commande ceux qui ont perdu« . Ils sont fort, ces politiciens, question humour, non ?

Alors ?! Vous voyez bien que ça ne peut pas être sérieux !
Si ça l’était, ce serait dramatique, un vrai foutage de gueule, une insulte à la Démocratie. Et ça nous promettrait des lendemains absolument catastrophiques, du type « On repeint tout en rose et on recommence la même chose ».
Ça ne peut donc qu’être un gag.

Puisque les socialistes sont des farceurs à l’esprit facétieux, on pourrait peut-être nous aussi leur en raconter une bien bonne ?!

J’en ai une qui pourrait les faire rire :
« C’est l’histoire de Citoyennes et de Citoyens qui décident de s’investir dans la vie politique locale avec, chevillé au corps l’esprit démocratique et le respect de leurs concitoyens. Ils bâtissent un projet, se présentent et sont élus parce que les électeurs en ont ras la casquette d’être pris pour des imbéciles ».

Elle est marrante, non ?

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Orléans de Droite, Orléans de Gauche ou Orléans ?

Suivez-vous les débats du Conseil municipal d’Orléans ?

Conseil

Pour ma part, je préfère les fréquenter de loin sur Orléans.fr, le site officiel de la mairie.

Parfois, en regardant ces petites vidéos, je coupe le son pour me détacher du contenu, des mots prononcés, des discours et j’observe les attitudes des élus qui siègent.
Que se passe-t-il lorsque ceux des groupes minoritaires s’expriment ?
Les membres de la majorité griffonnent, parlent entre eux et, au mieux, écoutent, l’air navré, outré ou un petit sourire narquois aux lèvres.

« Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. » dit l’article L2121-29 du Code Général des Collectivités Territoriales.
Les membres de notre Conseil l’ont-ils lu ?
Il ne semble pas.
A Orléans, comme dans beaucoup d’institutions, les décisions sont prises ailleurs, dans d’autres réunions privées, entre quelques personnes qui s’estiment en droit de décider à la place de tous et hors du contrôle des Citoyens.
Le Conseil devient une chambre d’enregistrement et une scène de théâtre où chacun y va de son petit laïus principalement destiné à obtenir quelques lignes dans la presse.
On singe localement le comportement des professionnels nationaux de la politique et peu importe que cela nuise à l’exercice réel de la Démocratie.

Certains vous diront même que ce faux-semblant de débat est normal, qu’on ne peut faire autrement.
Il est vrai que lorsqu’on conçoit l’exercice délibératif comme un dialogue de sourds entre une majorité assurée et une opposition, groupe contre groupe, on ne risque pas de pouvoir imaginer autre chose !

Que nous préparent les formations politiques pour le lendemain des élections municipales ?
La même chose.

De l’aveu même de Corinne Leleveux-Texeira rien ne changera dans ce domaine si elle s’installe dans le fauteuil du maire.
« Les militants socialistes d’Orléans viennent de m’accorder leur confiance pour mener la campagne des municipales de 2014. Grâce à ce vote, pour la première fois, une femme aura l’honneur de porter les couleurs de la Gauche à Orléans, lors des élections municipales…
Les socialistes d’Orléans sont prêts à affronter les défis de la campagne à venir. Nous y sommes prêts parce que nous sommes déjà en campagne, nous y sommes prêts parce que depuis des années nous avons un objectif clair : battre la Droite.
« .

Premier aveu de taille : Les militants socialistes viennent de désigner Corinne Leleveux-Texeira pour porter les couleurs de … la Gauche à Orléans.
Les primaires socialistes valent pour toute la Gauche. La « tête de liste » socialiste sera la « tête de liste » de la Gauche. Cela ne fait aucun doute dans l’esprit du parti socialiste. Arrogance décomplexée.
« J’appelle nos partenaires de Gauche, le Parti des Radicaux de Gauche, Europe Ecologie – Les Verts, le Front de Gauche à nous rejoindre » écrit-elle.
A les rejoindre … et à se mettre en rang bien gentiment derrière son panache blanc.
Comment pourrait-il en être autrement ?!!

Lionne et partenaires
Jeu d’alliances. Comme dans une fable de La Fontaine, la lionne rose convoque les autres animaux et commence par leur rappeler que l’ordre établi ne saurait être remis en cause.

Second aveu de taille : L’important est de battre la Droite.
Dans cette course au pouvoir, Orléans uni et rassemblé compte pour rien.
Il y a un Orléans de Gauche et un Orléans de Droite. Cette division manichéenne sert les enjeux d’alternance des partis. Une fois l’un, une fois l’autre, pourvu qu’on reste aux manettes.
Car nous seuls, partis dominants, savons ce qui est bon pour vous et sommes capables, grâce à notre grande clairvoyance, de gérer la Cité.
Nous avons les compétences. Notre engagement politicien constitue la justification incontestable de notre légitimité.
Et, de toutes façons, nous avons la certitude que les résultats des élections nous donneront raison puisque vous votez comme des moutons !

Ne vous en déplaise, Orléanais, il va falloir vous ranger, choisir votre camp.
Que cela produise les effets désastreux de la défiance, du mépris, de la rancœur, de la haine ordinaire d’une partie de la population à l’encontre de l’autre ne nous gène absolument pas. Au contraire ! Nous ferons nos choux gras de tous ces malheurs. Nous passerons un temps improductif à soigner les plaies que nous avons nous-mêmes ouvertes. Nous revendiquerons le mérite de notre dévouement.

Et ainsi, Orléanais, tu pourras continuer à assister aux débats stériles de deux clans se méprisant l’un l’autre et à désespérer de la vie politique et de la Démocratie locale.
Aux élections nationales, tu pourras même te venger un peu en votant pour les partis extrémistes ; Ça défoule ! … Et ça ne nous fait courir aucun risque à nous, petits édiles locaux.

Orléanais, tout ça ne vous donne pas envie de jouer aux chiens dans un jeu de quilles ?

Strike

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« Ils n’ont pas le cul sorti des ronces »

4862281047_d5869b4b62_o« On n’a pas le cul sorti des ronces ». C’est une phrase tirée du dialogue d’un polar que j’ai vu il y a longtemps quand la téloche avait encore une place dans un coin de mon salon.
Depuis, j’ai mis à la benne ce petit écran qui tient tant de place dans la vie des foyers français et je m’en porte mieux.
Mais ce n’est pas là le sujet de mon humeur du jour.

Ces dernières semaines, je parcours les rues d’Orléans la truffe au vent.
Il suffit d’un rayon de soleil pour qu’elles grouillent de monde qui s’affaire ou flâne à la terrasse des cafés.
Comme une envie pressante de sortir de l’hiver et de la grisaille.
Une éclaircie et hop ! On y croit. On ose la mini ou le t-shirt. On évite les zones d’ombre où il fait encore un peu frisquet et on se gave de lumière.

C’est fou le nombre de personnes qu’on rencontre !
On s’arrête, on papote et souvent on partage quelques mots à propos de notre va-et-vient entre frilosité bougonne des jours gris et soif de liberté ensoleillée.
Un parallèle me saute à la conscience : C’est comme en politique !

Il y a des jours où l’on chemine les épaules voutées sous le poids de la morosité.
Le commerçant râle contre ses charges « En France, on ne peut rien faire ! Dès qu’on prend une initiative, on est coincé entre la paperasse, les impôts et les exigences des clients »
L’instit’ râle contre son administration, contre les parents, contre le système éducatif, contre ses réformes.
Le salarié râle contre son patron, le patron contre ses salariés.
Et surtout, surtout, tout le monde râle contre les élus et contre le « système » qui ne changera jamais. « A moins d’une bonne révolution ! Mais « les gens » sont des veaux, c’est pas prêt de bouger ! ». (J’ai même entendu un « Il nous faudrait une bonne guerre ». Si, si, véridique !)

Et puis il y a soudain de belles éclaircies.
On entend des « J’ai envie de faire bouger les choses ! », des « Soyons nous-mêmes le changement qu’on espère », des « On peut s’affranchir des vieux systèmes ; il n’y a qu’à s’y mettre tous ensemble ».
Ah! Ça fait du bien.
Des idées jaillissent, modestes, concrètes et enthousiasmantes. Des potagers partagés, des espaces de rencontre, des échanges d’adresses où on peut acheter des produits sains et bons, le témoignage d’une colocation heureuse entre une charmante petite vieille et deux étudiants, un concert de solidarité pour le festival de Travers, le mouvement de soutien à la famille de Maxime, … Ça sent bon l’Humanité !

Moi, un peu « chien fou », je commence à japper de plaisir. « Super ! Alors, on y va ?! »
Et, dans mes pérégrinations, je croise Madame Degauche, Monsieur Dedroite et les deux frangins Ducentre.
Je leur raconte ce que j’ai vu – Après tout, ce sont des gens comme les autres, non ? : « Ça y est! Les Orléanais ont envies de bouger! On s’y colle tous ensemble. Vous venez ? »
Je les vois hésiter. « Allez, quoi! Détendez-vous. On ne va pas vous manger ! Pour une fois qu’il fait beau et que tout le monde veut s’y mettre ! »

Et là … consternation. Ils commencent à baragouiner entre eux un langage que je croyais disparu. Une langue morte, en quelque sorte.
Il est question d’alliances et de stratégies destinées à ne pas perdre. Si j’ai bien compris leurs borborygmes, il faut commencer par gagner le plus de places possibles à la mairie en exploitant les réflexes conditionnés des électeurs.
Classe dirigeante« Car les Zélecteurs et les Zélectrices, cher chien, entre nous, ce sont (murmuré) … de pauvres cons. Ils votent toujours pareil. On leur montre la bonne tête de Dedroite et paf ! 35 % assurés. On leur vend la chouette trombine de Degauche et paf ! 35 % garantis. Ensuite, entre les deux tours, on fait notre sauce avec les frères Ducentre et … Bingo !
Après, on fera des choses bénéfiques pour tout le monde (On a déjà tout prévu), mais, d’abord, … il faut gagner.
Tu comprends, Chien ? Tu n’es quand même pas si naïf ? »

Et c’est là que l’expression « Ils n’ont pas le cul sorti des ronces » m’est venue à l’esprit.

Personnellement – bien qu’étant généralement solidaire de nature – je ne mettrai pas le museau dans le roncier pour les en tirer. D’ailleurs, il semble que, malgré les égratignures, ils s’y complaisent.
Je m’éloigne au soleil et vais gambader avec des gens moins empêtrés.

SoleilUne dernière question avant d’y aller :
« Toi qui me lis, tu es Zélecteur ou Zélectrice, comme moi, je suppose … Et …. T’es vraiment un pauvre con ? »
Non, parce que si ce n’est pas le cas… ça vaudrait peut-être le coup de leur dire !

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« Sans les partis, point de Salut ! » … Mon cul !

Objectif 2014 : Les grandes manœuvres des partis politiques locaux ont commencé.

Dans la majorité actuelle, le maire élabore Char UMPsa nouvelle liste en tenant essentiellement compte du potentiel de voix porté par chaque candidat de l’équipe. Un coéquipier pèse 5000 voix; Hop! Sur la liste. Il ne pèse que 200; Out! Untel a déplu, n’est pas discipliné, présente des risques de déviances ; Out! Unetelle est bien ancrée dans le tissu social, est bosseuse et fidèle, permet une ouverture sans risque au centre ; In.
Comme lorsqu’on fait un cocktail, il s’agit que le goût d’ensemble présente une certaine harmonie susceptible de plaire à un large électorat. Les postulants – qu’ils soient déjà en place et aient trimé sous le joug ou qu’ils attendent à la porte – suent à grosses goûtes car, à droite, c’est un homme seul qui décide du sort de chacun et de tous. Il demeure le chef incontestable.
Une fois l’équipe constituée, on lance le processus d’élaboration du projet de mandat. Brainstorming festif ; Chacun a le droit de s’éclater, de manger, de rire, de dire ce qu’il veut pourvu qu’il reste dans le cadre de ce qui plait au chef. Le chef, lui, ne participe pas. Il boit un verre dans un coin avec deux ou trois de ses lieutenants tandis que les autres animent les ateliers. Il le sait : Ce qui est important ce n’est pas les résultats obtenus par les groupes de travail, c’est la dynamique créée dans l’équipe. Dynamique nécessaire le temps de la campagne. Il faut motiver les troupes pour que ça rayonne sur les marchés le samedi. Les idées, les projets, ne seront lus par personne. La force du marketing politique, ce n’est pas le fond, c’est la forme.

Au Parti Socialiste, c’est plus complexe.
D’abord, on est de gauche ! Donc … faut être « Par-ti-ci-pa-tifs ». C’est inscrit dans nos gènes de vrais démocrates. Car nous, nous sommes les Vrais Démocrates, les Vrais de Vrai.
En plus… c’est un filon qui marche à fond; On ratisse beaucoup de voix car la simple sensation d’avoir contribué – à la désignation de la tête de liste, au contenu du programme, à la conception de la campagne… peu importe – la simple sensation d’avoir contribué fait glisser le bon bulletin dans l’urne à tout électeur « de sensibilité de gauche ». Après, on fera ce qui nous plait – éventuellement même, le contraire de ce qu’on avait annoncé – et aucun de nos électeurs ne pourra s’insurger puisqu’il aura par-ti-ci-pé et se sentira donc solidairement coupable de toutes nos trahisons.

On tente tout d’abord des « primaires citoyennes » pour désigner la tête de liste. Il faut dire que, sur ce point précis, au parti socialiste orléanais, on a un problème. Tout le monde doute que la candidate à la candidature de maire ait suffisamment de poids pour s’opposer au tenant actuel du titre.
Eh oui ! A droite comme à gauche, on résonne « combat des chefs ». En marketing commercial, on nommerait cela le « produit phare » ; Celui qui attire le client puis lui fait acheter tout un paquet de trucs dont il n’a nullement envie.
Au dernier moment, on se ravise; il y a un risque du côté des autres partis de gauche « partenaires » . On remplace les « primaires citoyennes » par des « primaires tout court » au sein des militants. C’est plus sûr. On s’occupera de vassaliser les partenaires plus tard.
Deux sympathiques candidats – Michel Brad puis Bernard Arlot – viennent cautionner la désignation préprogrammée de « la-candidate-partie-la-première », Corinne Leleveux-Texeira.

Ensuite, on lance « Agoras » autour de la devise « Osons Orléans » (Tiens, ça me rappelle quelque chose!). « Agoras » prend la forme de forums citoyens qui ont pour but d’élaborer un projet participatif pour Orléans. Que du bonheur ! C’est donc, à quelques mois des élections, une resucée locale des « Universités populaires et Char PSparticipatives » de Ségolène Royale lors de sa campagne présidentielle.
« Agoras », sur le fond, c’est une très bonne idée ! Mais pourquoi diable, ces élus de gauche – qui siègent au Conseil municipal depuis cinq ans déjà – n’ont-ils pas consulté le Peuple plus tôt ? Hein ! Pourquoi ?
Le Peuple n’aurait-il aucune idée en cours de mandat ?
Ne serait-ce pas plutôt pour obtenir le même effet porteur que celui qu’on escompte obtenir à droite ? On lance la dynamique qui nous mènera au Pouvoir. Une fois arrivés dans nos sièges …

Bref, les deux appareils politiques les plus importants ont entamés les grandes manœuvres sur un champ de bataille où flottent les drapeaux du bipartisme.
Car ne vous y trompez pas ; Ces démonstrations de force n’ont qu’un objectif : Occuper le terrain majoritaire. Comme cela : Une fois je gagne, une fois tu gagnes. Quand je n’exerce pas le pouvoir, je sais qu’il me reviendra au prochain mandat.

Et, pendant ce temps, les Radicaux, les Verts, les Communistes, les UDIsistes, les Modem et les indépendants de tous poils, bardés d’idées et de bonne volonté, restent sur la touche en se demandant quand et comment ils vont pouvoir rentrer sur le terrain.
On se tâte. On se téléphone. On prend des contacts. On dit qu’on y va. On n’y va plus. Un pied dedans. Un pied dehors.
On se demande s’il faut partir seuls ou bien se ranger tout de suite derrière l’un des gros chars d’assaut. Au second tour, peut-être. On ne sait pas trop. Montrer son indépendance. Ne pas se soumettre tout de suite… mais quand même assez tôt pour avoir la possibilité d’accéder à un strapontin du Conseil. On a des idées… On voudrait bien participer.

Merde ! Merde et Merde !
Je suis dans une fureur folle !

Jusqu’à quand les Citoyens vont-ils se laisser marcher dessus par les appareils politiques ?
Jusqu’à quand allons-nous râler contre les partis, leurs pratiques et leurs apparatchiks sans rentrer sur le terrain ?

Qu’importe l’étiquette !
Dans un Conseil municipal, on peut être de droite, du centre, de gauche, de mars ou d’ailleurs … On n’en a rien à foutre !
Chacun ses convictions. Elles nous inspirent durant les débats autours des dossiers, des projets… mais quel besoin y a-t-il de se ranger en groupes ?
Nous sommes tous différents !
C’est cette différence qui fait la richesse du débat municipal.
« S’encarter », suivre la discipline de vote, c’est se scléroser, appauvrir les échanges, fermer la porte à des solutions qui seraient mille fois plus profitables à la Collectivité !

Et qu’on ne me dise pas que c’est une utopie !
Ce qui est une illusion morbide, c’est de se soumettre au fatalisme que distillent les partis.
« Sans nous, point de salut!  » Mon cul !

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