Chien d’Orléans girondin.

Hier, je suis allé là …


Ne me demandez pas pourquoi ; C’est une histoire de chien d’Orléans qui s’intéresse à la politique mais beaucoup trop ennuyeuse pour mériter d’être racontée.

Là, c’est un beau bâtiment par la porte duquel entrent et sortent des messieurs et des dames tout de gris ou de bleu vêtus. Ils marchent tous d’un pas affairé, c’est-à-dire ample, souple qui permet d’aller vite sans avoir l’air pressé.

Je croise quelques politiques que je croyais morts depuis longtemps et un Gérard Longuet chapeauté qui interrompt sa conversation téléphonique pour m’adresser le beau sourire photogénique de l’homme qui est heureux d’avoir été reconnu mais qui veut surtout montrer qu’il est attentif aux autres.

Je suis arrivé là … … mais je n’entre pas là …

… mais là.

C’est la petite porte réservée aux obscurs, aux laborieux et à certains visiteurs qui n’ont que faire des ors de la République et leur préfèrent les salles sobres où l’on discute des petites affaires de la grande France.

Passage obligé entre les détecteurs du portique de sécurité.
Je décline mon identité devant un huissier qui remplit un laisser-passer sur papier carboné en triple exemplaires.
La machine qui délivre le document fait cric et crac quand on tire le bout de papier ; Ça m’évoque irrésistiblement les années soixante.
On me prie d’attendre dans un petit salon – où sagement je m’assieds – la personne qui va venir me chercher.
Une porte est ouverte sur une minuscule pièce attenante revêtue jusqu’au plafond d’étagères quasi vides et d’où un vieil homme en costume fané, assis sur une chaise métallique, me salue poliment. Il semble là de toute éternité.
Une dame entre dans le salon d’attente, fait trois tours sur elle-même en disant « Il n’est pas arrivé ? » puis sort sans attendre la réponse.

Une minute ou deux passent en prenant leur temps.

Arrive alors une jeune femme svelte et souriante qui s’adresse à moi avec un sourire et me prie de la suivre.
Nous nous engageons alors sur une moquette dorée et moelleuse jusqu’aux ascenseurs.
Tout fait « sfish, sfish, sfish » ; Nos pas sur le tapis, l’ascenseur qui arrive, les portes qui s’ouvrent, nos pas encore sur la moquette toute aussi dorée et moelleuse qu’au rez-de-chaussée.
Habituée au rythme ambiant, la jeune femme marche d’un pas de sénateur ; j’ai bien du mal à la suivre ayant tendance à la précéder.
« Sfish, sfish, sfish ».
Un long couloir aux portes acajou numérotées : 378, 379, 380, … « Sfish, sfish, sfich, … »
Ma guide m’ouvre l’une des portes avec un geste gracieux.
J’entre dans une petite sale de réunion. « Installez-vous. Ils arrivent dans une minute ».

Les sfishs s’éloignent.
Seul.
Mon œil est attiré par un détail amusant.

Photo non truquée !

« Propriété du Sénat » est-il écrit au bas du paperboard posé dans un coin de la pièce.
Et je me mets à rire à l’idée de sénateurs partant en catimini avec un tableau de papier sous le bras, passant le portique de sécurité en prenant un air innocent lorsque la sonnerie retentit et fourguant leur larcin dans le coffre d’un taxi pour le rapporter dans leur province déshéritée.

Opulente République jacobine.
Pauvre République girondine.
La politique demeure capitale.
En région, il faut se débrouiller avec les menus rogatons dérobés à Paris.

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6 commentaires pour Chien d’Orléans girondin.

  1. minijack dit :

    J’aime bien les « sfishs sfishs »… Sans rapport avec l’épaisseur des tapis républicains, ils me rappellent l’époque où les femmes élégantes portaient des bas nylon dont le frottement à l’entrecuisse produisait à chaque pas ce bruit érotique… ;c)

  2. Eh bien moi aussi j’ai entendu les sfishs sfishs………..!!!

  3. Cestnabum dit :

    Mon chien

    J’espère que vous n’êtes pas allé rendre visite à ce social traite qui a voté le traité de Lisbone et qui n’a rien fait lorsque je l’ai sollicité pour combattre une discrimination officielle.

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