« Moralisation de la vie politique »

Ce matin, comme chaque matin, je lis avec plaisir les billets de mes amis blogueurs.

Le Chat annonce pour mardi prochain, aux Carmes, une conférence animé par Olivier Falorni  consacrée à la « La Moralisation de la Vie Politique ».

Olivier Forlani est ce député, élu en Charente maritime, membre du groupe « Radical, républicain, démocrate et progressiste », qui serait resté inconnu de nous autres, Orléanais, si un tweet de Valérie Trierweiler – elle même surtout connue pour être la compagne de François Hollande – n’avait fait le buzz durant les derniers jours de la campagne législative de juin.
L’initiative de cette conférence a été prise par Tahar Ben Chaabane, Conseiller municipal d’Orléans, membre du groupe « Centriste Humaniste et Écologique ».

Le Chat conclut ainsi son billet du jour : « Et tout ceci précisément pour des motifs et des raisons qui mettent gravement en cause la Morale en matière de Politique dans notre République !…..L’inventaire presque exhaustif ayant été réalisé, les conséquences de ces pratiques étant désormais apparues, il ne reste plus aux citoyens qu’à exiger que les décisions soient prises afin d’y remédier. »

Cette dernière phrase me plait assez.
Cependant, la truffe pointée vers l’horizon, l’œil vigilant, le poil frémissant sous la brise légère, … et toujours aussi exigeant, j’ai eu envie de la paraphraser en y ajoutant quelques nuances :
« Le Peuple souverain, incarné par les Citoyens, exige de ceux d’entre eux à qui il délègue le pouvoir de décider en Son nom qu’ils respectent les règles du Contrat républicain. »
Car il ne s’agit pas tant de prendre des décisions nouvelles pour « remédier à des pratiques déviantes » que de respecter l’esprit et la lettre des lois qui fondent notre pacte social.
Appliquer des pansements supplémentaires sur les plaies de notre Démocratie ne fera pas d’Elle un régime sain.
Les codes sont pleins de ces Lois-pansements qui n’ont comme vocation que de colmater les brèches et s’inspirent trop peu des principes fondamentaux.
Leur constitutionnalité est toute relative. Leur empilage les distancie de l’esprit fondateur.
Certaines d’entre elles finissent même par le contredire. Ainsi, la fiscalité indirecte ne respecte pas le principe selon lequel « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés« . (Article XIII de la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 à laquelle se réfère notre actuelle constitution.)

Adopter de nouvelles règles sans avoir appliqué rigoureusement celles qui existent c’est prendre le problème par le mauvais côté.
Cette façon de faire recèle même un piège pervers : Valoriser les réformateurs « secouristes » alors qu’ils ont eux-mêmes ouvert les plaies.

Jusqu’à l’intitulé de la conférence me pose question : »Moralisation de la vie politique« .
La vie politique n’a pas à être « moralisée ».
Elle se doit seulement de respecter les règles du Contrat républicain. Car c’est un contrat.
La morale n’est pour rien dans cette affaire.
Elle s’insinue laissant penser qu’il y aurait des « bons » et des « mauvais », des vertueux et des pêcheurs.
Or, il n’y a pas de valeur morale en la matière. Il n’y a pas de « faute » au sens moral du terme.
Il y a seulement des erreurs, au sens factuel, et des causes à ces erreurs, des déviances auxquelles le Contrat républicain prévoit dores et déjà des réponses.

J’aurais donc préféré l’intitulé « Pour des pratiques politiques respectueuses des règles du Contrat républicain« .
Là, au moins, on aurait su de quoi on parle.
Là, au moins, les Citoyens auraient eu leur juste place.
Ceux d’entre eux qui les représentent, l’auraient eue aussi.
Avec chacun, leurs droits et leurs devoirs tels qu’ils sont dores et déjà définis.

Je me méfie des moralisateurs comme du diable.
En toute occasion, ils cherchent et trouvent leur profit.
Et « le diable est dans le détails » dit-on. « Cumul des mandats », « IRFM », « écrêtement des indemnités » … détails, faire-valoir de ceux qui prétendent savoir, poudre aux yeux des citoyens, perlimpinpin …
L’arbre du cumul des mandats cache le bosquet des élections partisanes qui cache la forêt de l’inégalité citoyenne.

Commençons donc par être égaux !

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Un commentaire pour « Moralisation de la vie politique »

  1. Komanch1964 dit :

    Bien flairé le Chien. 100% en accord avec toi. La politique n’est pas affaire de morale mais de respect des règles et principes républicains. Tjrs cette manie française de vouloir mettre de la morale partout et surtout là où elle n’a rien à faire.

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